Vosges

24 octobre 2015

Vacances de la Toussaint, part II.
Déjà une semaine de passée, ça passe vite dis donc. Bon, y a quand même eu des moments cools comme la nuit Retour vers le futur au grand rex, que je ne vais pas développer ici mais BORDELQUESTCEQUILSSONTBIENCESFILMS. En plus j’ai gagné une Delorean. Héhéhé. héhé. Hé. Bref, du coup, c’est passé vite, et j’ai l’impression d’avoir rien fait de ma première semaine, et la deuxième risque de passer tout aussi vite. Oui, car c’est dans un chalet vosgien avec ma mère que je vais la passer. Parce que la montagne, ça vous gagne, et l’automne, c’est pas monotone ! (… oh hé bon ça va hein)
En réalité, c’est une semaine de vacances que nous avions prévu de passer cet été, mais nos plans furent modifiés par un triste événement. On a quand même tenu à la faire cette semaine dans les Vosges, qui fut donc reportée à la Toussaint, ce qui est tout aussi sympa. Moins de chaleur, moins de monde, plus de couleurs. En plus, c’est l’anniversaire de ma mère le 24 octobre (AUJOURD’HUI ÇA VEUT DIRE). Après quelques recherches, c’est au Tholy que notre sort se jette : un petit chalet 2 personnes pour 180€ la semaine, ça me paraît assez bon marché. Un coup de fil plus tard, la réservation est faite, une semaine plus tard, le contrat est signé.

Quelques mois plus tard, le 24 octobre au matin, nous voilà en route vers l’Est français, territoire pour le moment inexploré par les Ninis. Donc Nini contente.


Nini contente.


Et faut pas oublier, petit chien aussi content !

Billy content.


Et c’est ainsi qu’à 14h30, nous voilà au Tholy, dans un hameau paumé, à 740m d’altitude, regagnant notre logis provisoire. Il n’y a qu’un chalet pour 2 personnes, tout au bout du terrain, à l’écart des autres, c’est super calme, on a une jolie vue sur la vallée du Tholy et le chalet est très agréable - et fonctionnel, précise ma mère (bien que la déco laisse parfois à désirer).









Les autres chalets du domaine


Bon, j’ai vu à la météo que le super beau temps d’aujourd’hui allait peut-être pas durer (au moins pas jusqu’à demain), donc je dis à ma mère « faut qu’on monte un peu en altitude cet après-midi ». Mais en même temps on vient de se taper plusieurs bonnes centaines de kilomètres qui nous donnent pas trop envie d’en refaire encore une, donc on va aller au plus court : le sommet du Hohneck, près de Longemer.
Après un petit arrêt à Super U pour acheter du sopalin, des sacs poubelles et des friandises pour le chien (ça va, ça va, j’ai pas fait exprès, je suis tombée PAR HASARD sur le rayon animaux, c'pas ma faute, un peu d’indulgence !!!) nous voici à 1363m d’altitude, d’où nous voyons d’un côté le lac de longemer, et de l’autre, un espèce de gros cratère assez stylé, et… LES ALPES !!!! Wouhou ! Voir ces montagnes me filent une boule dans le ventre. On voit le Mont Blanc quoi ! Je savais pas qu’on pouvait voir si loin depuis les Vosges !!

On voit pas très bien sur la photo mais si on regarde bien y a des petits pics blancs à l'horizon.


Le lac de Longemer, au creux des montagnes



C’est dingue l’appréhension de la distance à l’échelle humaine, à chaque fois ça me donne des frissons. Quand je me dis que j’ai passé une nuit entière en train de nuit y a pas si longtemps que ça pour atteindre le Mont Blanc, et que j’étais au pied de la bête, et que maintenant je la vois à 300 km de distance, ça me fait bizarre, mais ça me fait vibrer. Et puis ça me fait sourire parce que j’ai appris ce matin qu’un ami était justement en vacances par là-bas, et j’aime me dire qu’on pourrait presque se regarder sans le savoir, ahah. J’aime beaucoup tout ce qui a trait à l’espace, tous les phénomènes qui nous font comprendre notre place sur Terre, voire dans l’Univers (oui j’ai revu l’Exoconférence hier soir, et alors ? C’est génial d’ailleurs, je recommande, y a une tournée en ce moment dans toute la France), les trucs du genre voir le soleil se lever après une nuit blanche. Ça, c’est un phénomène qui me fait toujours réfléchir, voir le monde et le temps filer d'une autre manière. Parce qu’on a tellement l’habitude de zapper les jours comme on zappe les chaînes de télé : jour 1 (celui qu’on retiennnnnnt - omg pendez moi), dodo, jour 2, dodo, jour 3, dodo. Finalement, on regarde assez peu le crépuscule et l’aube, c’est tellement banal. Mais quand on assiste aux deux sans interrompre sa conscience, ça me donne toujours la sensation de sentir le temps qui passe, presque de manière palpable. De même qu’on a jamais le reflex le lever le nez au ciel la nuit pour observer les étoiles. Déjà parce qu’à Paris, Y A PAS D’ÉTOILES, Y A DES NUAGES DE GAZ TOXIQUE, MUAHAHAHA. Ça c’est fait. D’ailleurs de manière générale, en milieu urbain, les lumières incessantes de la ville nous empêchent de voir quoi que ce soit de toute manière. C’est pour ça, quand je suis dans ma campagne normande, hiver comme été, je ne ferme jamais mes volets : quand je suis allongée dans mon lit, j’ai une vue direct sur ce qui se passe la nuit. Les soirs de pleine lune, celle-ci éclaire la pièce comme s’il faisait jour, et certains matins je suis réveillée par le soleil levant qui perce mes paupières. Et, parfois, j’ouvre les yeux un matin d’automne, à 6 heures, et je vois ça.


BRRRRREF. Je diverge, je diverge ! Mais je ne suis pas pour autant divergente. Tout ça pour dire, que voir les Alpes qui s’élèvent à plus de 4000m depuis le mont Hohneck dans les Vosges, ça me file un sacré frisson (et accessoirement ça me donne envie d’aller dans les Alpes, encore et encore, mais ça c’est un peu tout le temps).

Je me retourne, pour repartir vers la voiture chercher mon appareil photo, et, me retrouvant dos à ça, je la retrouve, cette petite sensation de bien-être, cette sérénité de « l’ailleurs », la déconnexion du quotidien. C’est fou, revoir la montagne (surtout les Alpes), ça me fait toujours cet effet, ce petit truc frissonnant qui donne envie juste de vivre le moment présent, et se contenter de vivre, rien de plus. Se satisfaire du simple fait de respirer et d’être ici. Aaaaaaaaaah. C’est chouette, bon sang, c’est chouette. Cette sensation intervient à des petits moments très précis, elle est relativement éphémère mais surgit de temps en temps, quand toutes les conditions intérieures et extérieures à soi sont requises. C’est cette sensation qui est souvent le moteur de tout voyage, cette sensation que j’ai eue sur la Great Blasket Island en Irlande, quand j’étais dans l’Eurotunnel vers Londres, quand je me suis réveillée à 2 heures du matin en Norvège et que je suis sortie de la tente pour me rendre compte qu’il faisait encore jour, quand j'ai découvert la chaîne des Aravis, quand je suis arrivée au Nid d’aigle avec des chamois, quand j’étais dans une vallée de cailloux blancs en Allemagne,  quand j’étais sur le Stromboli Ce sentiment de faire partie du monde tout en quittant le sien, je sais pas trop comment expliquer, mais j’imagine que la plupart des gens voient ce dont je veux parler. En tout cas j’espère pour eux.

S’en suit une petite balade d’une petite heure en longeant l’espèce de cratère, d’où on admire les arbres de toutes les couleurs, allant du violet au jaune en passant par le rouge et le vert. L’automne, c’est définitivement mieux que l’été (je trouve). A part pour la météo, mais bon, là on parle esthétique les gars. Esthétique. Le vent glacial dans la tronche, on va tacher de le mettre de côté !

Nous voici donc de retour à la voiture vers 18 heures et nous rentrons doucement au chalet.
19 heures, il fait déjà nuit, et le changement d’heure de cette nuit ne va pas arranger les choses !

C’est donc devant D8 et autour d’une pizza et d’un reste de gâteau au chocolat que nous fêtons les 51 de ma mère et passons notre première soirée dans les Vosges. La grande classe.



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