15 avril 2014


10 JOURS SUR L'ÎLE DE BEAUTE
 

La Corse... Elle mérite bien un petit avant-propos, cette fameuse île. Non, pas de leçon d'Histoire de la Corse, je ne la connais pas, ni de tirade sur son âme. Seulement un petit éclaircissement : pourquoi la Corse, pourquoi maintenant ? Eh bien il s'agit d'un périple qui trotte dans le coin de notre tête depuis près de deux ans. Notre tête, car nous sommes deux, et cette fois-ci le séjour se fera en compagnie d'un nouveau compagnon de galères, de joies, de rires et de souvenirs : mon amie Camille, la revendiquée Corse. Nous partons en vacances, certes, mais pas seulement. Il se trouve que mon amie la corse (de racine, n'exagérons rien) est sur le point de terminer sa licence en Ethnomusicologie (note de septembre : eh non !) et en fin de licence, on demande un documentaire sur la musique, à caractère ethnomusicologique si c'est possible, c'est encore mieux. Et voilà que la corse me dit jadis « Moi je vais le faire sur les polyphonies corses » et moi de rétorquer « et moi sur les danses folkloriques normandes ! » Et l'idée c'était qu'elle viendrait à Caen pour m'aider à tourner mon film (à deux c'est plus sympa mais c'est aussi techniquement plus concevable) et que je l'aiderai à faire le sien. Finalement mon projet est tombé à l'eau pour diverses raisons dont l'étalage va plus vous em****** qu'autre chose, mais pas le sien, fermement accroché à son esprit de petite corse. Nous voilà donc en tout début d'année en train organiser ce fameux tournage qui devra se faire au second semestre, et pendant les vacances si possible. C'est ainsi que le 14 avril 2014, après avoir passé mes écrits de CAPES de musique et l'esprit libéré de tout rapport au concours depuis très peu de temps, nous voici chez moi avec deux énormes sacs à essayer de tout faire rentrer dans le peu de place que nous avons : matériel de camping, vêtements, mais surtout matériel de tournage, fragile, relativement lourd et encombrant. Après quelques heures d'organisation et de rangement, nous voici enfin prêtes au départ (de Paris, donc c'est pas un vrai trip de Caen, mais bon, Camille revendique ses origines Corse, je viens quand même bien de Caen, moi, non mais.) Retour au 15 avril, 8h. Lever, manger, partir, transilien, métro... Chargées comme des mulets, pour changer. Arrivée à Antony, changement pour le Orlyval, 9€ le ticket, soit 2€ la minute de trajet (bande de rats).



Arrivons vers 11 heures, notre avion décollant à 12h55. Passage à l'enregistrement des bagages, le mien est bien rangé, tout droit, de bonnes dimensions, et celui de Camille a une forme très étrange, comme si tout était mis sans qu'il y ait de logique dimensionnelle. Détail important pour la suite puisque nos sacs sont un peu le reflet de notre personnalité : organisée et relativement maniaque me concernant, bordélique et « on-verratiste » pour la corse. Résultat, la dame elle dit « ah mais celui là il va falloir l'enregistrer en bagage spécial ». C'est ça ouais, donne moi ça, je vais te le ranger moi, il va passer en bagage normal. Et voici comment on se retrouve devant les caisses d'enregistrement en train de retirer et réorganiser toutes les affaires de Camille, tassant les sous-vêtements dans les casseroles pour gagner de la place dans le bagage à main. Ce fut magique. Bah n'empêche qu'une fois rangé, il est passé sans problème. Arrivée au contrôle de sécurité, ce fut à mon tour de vider mon bagage à main puisqu'il a fallu retirer tout le matériel électronique et les câbles, à savoir la totalité de mon sac, étant donné que j'avais la caméra, son pied, les micros, ainsi qu'une pelletée de câbles et prises. Arrivée à 14h30 à Ajaccio, nous retrouvons nos deux gros sacs difformes (c'est simple, les deux gros moches orange fluo, c'est à nous), puis nous retrouvons Yann, le propriétaire de la petite Lancia que nous louons (via Drivy, voir précisions à la fin). Signature du contrat de location, puis il nous dépose près de chez lui, et accessoirement proche de notre camping également, lui même proche d'un Leclerc, où nous allons faire nos courses avant de monter au camping (ouh la la comme c'est palpitant cette journée, attendez vous à des anecdotes croustillantes !) Il est aux alentours de 16 heures quand on se retrouve au camping Les mimosas (un des seuls déjà ouverts en avril) où on plante la tente dans des cailloux. Autant dire qu'on la plante pas vraiment quoi. Suite à quoi Camille fait le tour des numéros de téléphone à appeler pour demander l'autorisation de filmer les concerts, parce que oui, à la base quand même, on vient pour ça. Elle appelle donc l'Office de tourisme qui organise le premier concert de demain 16 avril, un groupe de popyphonies corses masculines : In'Cantu. La madame raconte qu'a priori y aura pas de problème, mais qu'elle doit appeler le groupe pour demander confirmation, et qu'elle nous rappellera après (c'est mieux oui). C'est ensuite que la vraie détente commence et que la sensation de vacances arrive enfin. Nous nous promenons long de la mer Ajaccienne, au soleil couchant, débouchant une bouteille de cidre normand (c'est quoi le problème ? Oui c'est chauvin, et alors ?) devant une mer d'un bleu éclatant et brillant de mille paillettes (oui parce que briller de mille feux pour de l'eau, c'est quand même bizarre).


De retour au camping, Camille nous prépare une excellente salade fêta – tomates – concombre – huile d'olive – velours de balsamique, c'était trop bon. Le soleil se couche à 20h30 et on se rend compte qu'une lampe aurait été pas mal venue, m'enfin, c'est pas la première fois (ni certainement la dernière) que j'oublie des trucs en camping. Nous nous couchons après une bonne douche chaude où Camille parle à des gens pensant que c'est moi alors que je suis pas là, quelque chose du genre « hé Anaïs ? » - Non. « Ahah, t'es con. » Pour la première fois de mes nuits en camping, je dors dans un duvet chaud, qui s'ouvre pas tout seul, et Camille dort pour la première fois avec un oreiller. Les matelas gonflables sont troués, mais comparé à mes tapis de sol de 3 millimètres troués aussi, je dirais que c'est le grand luxe. Nous verrons plus tard à quel point on se rend mutuellement utile. Parce que le but de partir ensemble, c'était aussi ça, faut pas se leurrer : je conduis, pas elle, elle a du bon matos de camping, pas moi, j'ai une caméra, pas elle, elle a des micros, pas moi, et finalement on trouve bien notre compte dans tout ça. L'amitié ? Ah, oui, un peu aussi...


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